Les dessous du maquillage

À la demande de Procter & Gamble, plusieurs chercheurs de Harvard et de Boston University viennent de réaliser une étude pour déterminer le lien qui existait entre maquillage et relation à autrui. Conclusion, sachez que votre rouge à lèvres et votre fard à cils jouent un rôle indéniable sur vous et votre entourage… même si tout le monde n’en est pas convaincu.

Le maquillage, source de bienfait

Cette étude, réalisée auprès de 25 femmes âgées de 25 à 50 ans de toute origine ethnique confondue, vient corroborer ce que beaucoup pensaient déjà. « Avec le maquillage, la personne est plus chaleureuse, abordable, attirante et paraît plus compétente », affirme Sarah Vickery scientifique chez Procter & Gamble et responsable de l’étude. Ce propos est partagé par Nancy Etcoff, professeure clinique assistante en psychologie de l’Université d’Harvard, qui s’est également investie sur ce projet : « La personne maquillée démontre une plus grande confiance en elle, même si dans certains cas le maquillage peut avoir un effet “placebo” ».

Le maquillage : pour qui?

« Il y a trente ans, les femmes faisaient l’effort de bien s’habiller pour plaire aux hommes, aujourd’hui si elles décident de passer du temps à se maquiller, c’est avant tout pour elles », de compléter Nancy Etcoff. Daniel Hamermesh, professeur d’économie à l’Université du Texas, pense que cette « autoadoration » est bénéfique pour les autres : « Si elles ont la volonté de prendre soin d’elles, alors elles ont la volonté de prendre aussi soin des autres ». Est-ce pour autant que leur maquillage produira des effets bénéfiques sur leur environnement de travail?

À chaque situation son maquillage

« La recherche de la beauté est autant un impératif biologique que culturel », note Nancy Etcoff, qui toutefois insiste sur l’importance de connaître la situation de travail afin de trouver le maquillage opportun : « Alors que vous utiliserez un maquillage “glamour” si vous avez le besoin de vous affirmer, vous opterez pour un maquillage “professionnel” – un rouge à lèvres léger qui contraste avec la couleur de la peau sans être “clinquant” – pour une relation plus équilibrée et pour accroître votre crédibilité. »

Pourquoi toujours récompenser la beauté?

Deborah Rhode, professeure de droit à l’Université de Stanford et auteure de The Beauty Bias, regrette, sans dénigrer d’aucune façon la beauté, que le monde du travail juge les personnes non sur leurs compétences, mais sur leurs cosmétiques. « Pourquoi évaluer la qualité de mon cours sur mon rouge à lèvres ou mon fard à cils? », s’étonne-t-elle. Dans un monde idéal, comme l’écrit Daniel Hamermesh dans Beauty Pays « les gens ayant une belle apparence ne devraient pas être traités différemment… ».

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